Le coût de revient est variable d’une brasserie à l’autre en fonction de son outil de production, du style de bière fabriqué, du nombre d’employés et de ses réseaux de distribution.
L’exemple ci-dessous est celui de la bière blonde ale microbrasserie Beauce & Perche (Eure-et-Loir) vendue en direct auprès des consommateurs.
1 dirigeant salarié payé au SMIC (1420€ net) qui travaille entre 45 et 60H par semaine. Investissement de 80 000€ financé par 3 banques et un organisme de prêt départemental.
Production annuelle de 250HL avec une unité de brassage de 5HL (soit 50 brassins/an) installée dans un lieu privé (sans loyer).

Le chiffre d’affaire théorique s’élève à 262 500€ Je dis bien théorique car cela implique de vendre 100% de la production. Or il y a toujours du stock en fin d’année, certaines bouteilles sont utilisées pour faire tester les bières aux consommateurs/prospects BtoB ou bien cassées par maladresse/lors du transport.
L’état est le grand bénéficiaire avec près de la moitié du prix de vente dans sa poche. A chaque étape il prend quelque chose : je conditionne en bouteille il prélève le droit d’accise, je paie un salaire il prend des charges patronales, je vends une bouteille il récupère 20% de TVA, je fais des bénéfices il en prend 25%.
Viens ensuite la banque qu’il faut rembourser sur 3, 5 ou 7 ans en fonction du type de prêt souscrit. Sans l’investissement initial la brasserie n’existerait pas et dans mon cas le conseiller bancaire est de très bon conseil.
Les cuves sont chauffées à l’électricité ou au gaz et la production de bière est très consommatrice en eau. Les tarifs sont en augmentation constante car ils dépendent d’un marché européen voire mondial… Tout comme les céréales utilisées. L’agriculteur les revend 150€ la tonne, le malteur les revend au brasseur 750€ la tonne. La guerre en Ukraine (grand producteur mondial de céréales) et la demande mondiale fait fluctuer les prix.
Sur 3,50€ payé par le consommateur la marge est de 47 centimes. Dans un monde idéal ils sont stockés en trésorerie pour assurer les investissements futurs. Dans le pire des cas ils sont utilisés pour assurer la maintenance du matériel ou remplacer une machine cassée.
Voilà vous savez dorénavant qui gagne quoi lorsque vous achetez une bière à un brasseur artisanal :).
